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Des ponts et des ouvrages d'art sous l'oeil avisé du Département

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Après le terrible accident qui s'est produit lundi à Mirepoix-sur-Tarn, il faut rappeler que la majorité des ponts et ouvrages d'art (construction de grande taille destinée à établir une voie de communication ou une protection contre les catastrophes naturelles) est du ressort des Conseil départementaux. C'est pourquoi le Département de Tarn-et-Garonne a mis en place depuis de nombreuses années une politique de surveillance et d’entretien des ouvrages d’art. Chaque année, le Conseil départemental consacre près de 2,5 millions d'euros à la maintenance des ponts.

Un patrimoine dense

Le patrimoine ouvrages d’art du Tarn-et-Garonne se compose de 1 078 ouvrages.La densité en ouvrages est importante, l’usager rencontrerait ainsi en moyenne un ouvrage tous les 500 mètres. Le patrimoine du Tarn-et-Garonne est le fruit d’un héritage égrené sur plus de deux siècles. Les plus anciens, les ponts en maçonnerie représentent l’essentiel du patrimoine avec 784 ouvrages (72%).

Les 8 bowstrings en béton armé franchissant les canaux, construits avant la première guerre ont été rénovés ou remplacés ces dix dernières années. Les 9 ponts suspendus essentiellement érigés entre les deux guerres représentent moins de 1 % des ouvrages. Leurs rénovations ont été effectuées dans les années 2000. Les ouvrages en béton plus récents représentent 26 % du patrimoine, leur durée de vie est estimée à 100 ans.

La présence de nombreux affluents de la Garonne explique une densité élevée d’ouvrages sur le réseau routier du Département. Bien que, 34 ouvrages de plus de 70m de long franchissent la Garonne, le Tarn et l’Aveyron, les ponts de moins de 5 mètres représentent 61 % du patrimoine (662 ponts).

Une surveillance appuyée

La politique de surveillance des ouvrages d’art se décline sous trois formes.

  1. La première surveillance est effectuée régulièrement par les agents du Département lors du patrouillage du réseau routier. Il s’agit de détecter les anomalies récentes.
  2. Une visite bisannuelle est effectuée sur l’ensemble du patrimoine, par des agents du Département, référents en ouvrage d’art. Chaque organe de l’ouvrage est vérifié, les désordres sont recensés dans un procès-verbal. Ces éléments permettent de contrôler les évolutions structurelles éventuelles et de programmer les réparations préventives ou curatives.
  3. Enfin, des inspections détaillées périodiques effectuées par ingénieurs spécialisés pour les ouvrages de plus de 10 mètres d’ouverture sont continuellement programmées.

Ces rapports très précis recensent l’ensemble des défauts de l’ouvrage par cartographie, Les ponts suspendus sont inspectés tous les 6 ans, cette durée peut être raccourcie en cas d’anomalies structurelles constatées.

Les ponts suspendus : une attention particulière

Ces ouvrages métalliques sont venus remplacer des passerelles en bois empruntées à l'époque par les chars à bœufs et des piétons. Les guerres et les changements d’usage ont eu raison de beaucoup d’entre-eux. Les ouvrages restants témoignent d’un savoir-faire français à pérenniser.

Leurs constructions datent des années trente où les règlements de trafics étaient plus modestes ; cela induit une limitation de tonnage s’ils n’ont pas fait l’objet de travaux lourds de renforcement. Ces limitations sont le fruit d’un travail de modélisation mécanique qui prend en compte l’état et la résistance réels de l’ouvrage.

Le non-respect de ces restrictions fondées est de nature à fragiliser des ouvrages largement sollicités. Il diminue considérablement leur durée de vie et entraîne des fermetures et des coûts de travaux importants.

Une hiérarchisation des interventions

Cette surveillance permet d’abonder une base de données où chaque ouvrage possède un suivi particulier. Un véritable carnet de santé qui classe les ouvrages en fonction de leur état.Cinq niveaux de classement permettent de les répertorier afin de programmer les interventions prioritaires ainsi que de déterminer les enveloppes budgétaires à allouer aux entretiens, réparations et remises en état.

Le Département de Tarn-et-Garonne est une des rares collectivités à posséder une équipe spécialisée dans l’entretien des ouvrages d’art. Son travail permet de favoriser les traitements préventifs moins onéreux avec savoir-faire et réactivité.

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