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Agir c'est prévoir !

Colloque sur l'eau

Publié le 12 Dec 2017

Origine de l'article : www.ledepartement.fr

Environnement, Agriculture, Colloque

12 December 2017

Montbeton

Lundi après-midi, le Conseil départemental et la chambre d'agriculture ont organisé un colloque et une table ronde dans la salle des fêtes de Montbeton autour d'un sujet qui devient de plus en plus crucial au fil des ans : la ressource en eau.

Le colloque était intitulé " L'eau, l'agriculture et le changement climatique : statu quo ou anticipation ? " et il était articulé autour d'un rapport éponyme commandé par le Ministère de l'agriculture auprès du CGAAER (Conseil Général de l'Alimentation de l'Agriculture et des Espaces Ruraux).

Devant environ 500 personnes, c'est le maire de Montbeton, Michel Weil qui a ouvert les débats en accueillant les invités et le public, avant de rapidement céder la parole à Jean-Paul Rivière, président de la Chambre d'agriculture, puis à Christian Astruc, président du Conseil départemental. Celui-ci précisait les contours du débat à venir, tout en précisant les interventions du Conseil départemental en la matière : " Le Conseil départemental, de par les missions qui lui ont été confiées par l'État, mais, surtout, pour répondre aux attentes des usagers tarn-et-garonnais, se préoccupe sérieusement de la question de la ressource en eau, cruciale tant pour l'agriculture, que pour la production d'eau potable ou la préservation des milieux naturels. Dans les années 1980, à la suite de la sécheresse de 1976, la demande de la profession agricole portait principalement sur le développement de l'irrigation et la création de lacs colinaires. (...) Nous intervenons aujourd'hui de façon plus globale sur les cours d'eau. L'objectif est de sécuriser les prélèvements agricoles tout en maintenant dans les rivières un débit suffisant pour permettre la satisfaction de tous les usages, production d'eau potable ou loisirs, mais aussi la préservation de la vie biologique du cours d'eau. Ainsi le Conseil départemental participe aux soutiens d'étiage de la Garonne, du Tarn et de l'Aveyron qui se font à partir de réserves en eau. (...) Le Conseil départemental de Tarn-et-Garonne est aussi propriétaire de plusieurs retenues qui permettent de réaliser des déstockages. (...) Je soutiens donc, chaque fois que j'en ai l'occasion, la création de nouvelles retenues d'eau et la levée des obstacles de diverses natures qui s' y opposent. Je pense notamment aux procédures administratives, excessivement lourdes, longues et complexes, qu'il conviendrait de simplifier. (...) Les ressources en eau disponibles sont en quantité limitée, comme les récents épisodes réguliers de sécheresse nous le rappellent. Leur préservation est un enjeu essentiel car les activités humaines et la vie naturelle en dépendent. (...) L'eau est un bien précieux, aux confluents d'intérêts et de besoins multiples, parfois contradictoires, tous légitimes. C'est pourquoi, cette thématique doit être appréhendée avec pragmatisme, bon sens et mesure, en évitant les postures idéologiques trop intransigeantes, qui mènent dans une impasse. "

Les décisions sont à prendre

C'était ensuite M. Guillaume Benoit, un des principaux auteurs du rapport, qui montait à la tribune pour développer et expliciter plusieurs points important. Son rapport analyse la situation actuelle et prend en compte les conséquences du changement climatique pour envisager quel seront (sont) désormais les besoins en eau dans la filière agricole, quels sont les scenarii envisageables, quelles peuvent être les meilleures réponses à apporter, et quelles seraient les conséquences d'un défaut d'anticipation.

La France est, selon Météo-France, un pays d'abondance hydrique. Un pays dans lequel nous n'utilisons qu'une toute petite partie de l'eau qui nous tombe du ciel. Pourtant, chaque année, durant les mois les plus chauds, notamment en Tarn-et-Garonne, les agriculteurs doivent faire face à des mesures de restriction d'eau. Si rien n'est fait, si rien n'est prévu, avec le réchauffement climatique, ces événements seront de plus en plus fréquents, de plus en plus longs, et de moins en moins supportables : les niveaux des cours d'eau seront plus bas, plus longtemps, et dans le même temps, en raison de températures plus élevées qui causent une évapotranspiration des plantes plus importante, les besoins en eau d'irrigation seront accrus. Moins d'eau pour les agriculteurs cela signifie une diminution de la diversité des cultures (pour se focaliser sur des cultures en ayant moins besoin), des menaces sur la biodiversité et sur l'ensemble de l'environnement, la disparition de l'autonomie alimentaire de notre pays, des risques au niveau de la sécurité alimentaire, des pertes d'emploi et des conséquences sur notre économie nationale.

Il semble donc urgent de ne pas attendre et d'élaborer dès maintenant des stratégies pour s'adapter à la rareté de l'eau. Il faudra, la science y travaille déjà au travers des recherches génétiques sur les plantes, agir sur le besoin en eau et donc améliorer l'efficience de chaque litre consommé, adapter les systèmes de culture et adopter des stratégies d'esquive. Mais il faudra aussi pouvoir disposer de plus d'eau ; de l'eau stockée durant les périodes de pluie et utilisable lorsque le besoin s'en fait sentir.

L'eau est précieuse et elle le sera de plus en plus. Le gouvernement en a pris conscience, que ce soit au niveau du ministère de l'agriculture mais aussi de celui de l'environnement. Il est temps aujourd'hui de mener les politiques efficaces et adaptées qui permettront non seulement de satisfaire les agriculteurs mais, par là même, de conserver notre autonomie et notre sécurité alimentaire ainsi que la diversité de notre environnement, et de pérenniser notre mode de vie.

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